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Le Slam au Féminin : le Slam a choisi mon être.
Le Slam est né de l'idée du poète Américain Marc Smith en 1986 dans le but de rendre les lectures de poèmes à la fois moins élitistes et moins ennuyeuses.
Le Slam est né de l’idée du poète Américain Marc Smith en 1986 dans le but de rendre les lectures de poèmes à la fois moins élitistes et moins ennuyeuses. Le Slam prévoit des règles minimales, laissant une grande liberté aux poètes à l’intérieur de ces règles de base. Ainsi de suite, le Slam parcourt l’Europe avant de se propager dans le reste du monde. En Afrique de l’ouest, il existe plusieurs femmes dans ce domaine mais celle qui fait du Slam un véritable sacerdoce est la Burkinabée Malika La Slameuse. La Côte d’Ivoire possède des slameuses de talents telles que Linda Kouamé ou L’encre des Étoiles qui nous a fait l’honneur d’une interview, elle nous parlera de son amour, sa passion, et ses projets pour le Slam.
1-Bonjour Linda Kouamé ou encore L’encre des étoiles, présentez-vous svp ?
Je suis N’GONDIE Kouamé Marie Linda Olivia à l’état civil. Étudiante en sciences politiques à l’Université Internationale Claire fontaine et en marketing publicité à l’université FHB de Cocody.
Dans le monde des mots, Linda Kouamé devient l’Encre Des Étoiles. Poétesse, Slameuse ivoirienne et membre de l’école des poètes de Côte d’Ivoire.
2-Pouvez-vous nous dire depuis quand est né votre amour pour le Slam ?
Tout a commencé avec ma rencontre avec le livre. Bon je n’ai pas honte de le dire, il faut souligner que j’étais une élève avec beaucoup de lacunes à l’écrit comme à l’oral. Parler ou écrire pour moi était chose difficile. Après le BEPC, en classe de seconde A2, en observant notre niveau de langue médiocre, notre professeur de français nous obligeait à fréquenter les bibliothèques. C’est de là, que l’amitié entre le livre et moi est née. À force de lire, j’ai commencé à écrire, mais ce n’était pas la poésie ni le Slam. J’écrivais des contes et des nouvelles sans connaître les fondements, mais je n’étais pas mal, d’après l’un de mes professeurs qui a lu mes textes.
C’est en classe de Terminale que je fais la rencontre du Slam par le canal d’une amie qui ne faisait qu’écouter du grand corps malade et Malika la Slameuse en classe. J’ai accroché mais je n’avais pas les outils nécessaires pour faire comme eux. Des soucis en marchant les mots. Après le Bac je ne décide pas de faire le Slam mais le Slam s’impose à moi. Je faisais de la poésie, et l’on m’a dit que je devais faire le Slam. Et j’ai continué pour ne jamais arrêter. Le Slam a su accueillir la jeune innocente et naïve fille que j’étais sans me juger. Le Slam a corrigé beaucoup de choses en moi. Celle que je suis, c’est grâce au Slam. Je n’ai pas choisi le Slam, c’est le Slam qui a choisi mon être.
3-Etes-vous la seule femme slameuse en Côte d’Ivoire ?
Non ! Je ne suis pas la seule Slameuse. J’ai trouvé des dames au Slam et j’ai fait venir des filles aussi au Slam. Il y a Christi Rose, Soro Fatoumata, Destiny, Amée, Bérénice, Tall, Hurielle… Depuis le championnat de 2019 où j’ai été la première femme de l’histoire ivoirienne à remporter ce trophée, beaucoup de filles viennent au Slam. Et j’aime cela.
4-Quel est votre modèle bien sûr féminin dans ce milieu ?
Des années en arrière j’aurais dit Malika la Slameuse du Burkina mais aujourd’hui j’ai pour modèle toutes les femmes qui font le Slam car elles mettent de la couleur à mon Slam et à ma vie.
5-Pensez-vous que les femmes peuvent bousculer la place des hommes au Slam ?
Moi je crois qu’il y a la place de la femme partout et même au Slam. Elle n’a pas besoin d’être en compétition avec le sexe opposé pour savoir sa grandeur. Comme me disait mon père, il n’y a pas de limites pour la femme.
6-Selon vous le Slam nourrit-il son homme ?
Oui ! Le Slam nourrit son homme. Il y a des Slameuses et Slameurs qui ne vivent que de cela. Je crois et j’ai la foi qu’un jour j’aurai aussi cette grâce de vivre de ce que j’aime.
7-Quels ont été vos plus gros cachets ?
Je n’ai pas honte de le dire car pour moi c’est le bien que je fais en passant sur scène, la vie qui me sourrit et me dit, tu as changé ma vie. Merci pour le message. Mais mon plus gros cachet, je dirai c’est la bourse d’étude obtenue grâce au Slam dans une université internationale.
8-Avez-vous eu des récompenses ? Si oui, lesquels ?
Oui même si souvent j’oublie de les notifier.
- Lauréate du concours de Nouvelles DVS (Direction de la vie scolaire) 2017
- Lauréate du concours de nouvelles Madeleine Tchikaya 2017
- Lauréate du concours de nouvelles Graine Du savoir 2017
- Lauréate du concours Madeleine Tchikaya Catégorie Conte (2018)
- Finaliste du championnat national de Slam (2018)
- Première femme championne de la Flamme Linguistique catégorie poésie (2019)
- Première femme championne de Slam National (2019)
- Finaliste de la coupe du monde du Slam (2020)
9-Quelles ont été vos difficultés de début et aussi les difficultés de maintenant ?
Au début ma plus grande difficulté était mon articulation et ma diction. Cela est dû à un accident que j’ai eu, toute petite, avec ma langue. Même aujourd’hui encore il y a des séquelles mais je travaille sur cela.
Aujourd’hui mes difficultés ? Je n’aime pas trop ce mot difficultés… Car aujourd’hui je les transforme en forces. Donc ce mot ne fait plus partir de mon dictionnaire.
10-Comment voyez-vous votre carrière dans les prochaines années ? Et aussi vos projets actuels et à venir ?
Quand je dis à mes amis qu’après mes études, je vais me consacrer corps et âme au Slam, ils trouvent que je suis folle. Dans les prochaines années, je me vois en Slameuse professionnelle, avec des albums, à représenter mon pays et la femme dans le monde, à toujours convier la jeune fille au Slam.
11-Que vous apporte le Slam dans votre vie quotidienne ?
Le Slam est tout pour moi. Aujourd’hui quand je parle, on dit Linda tu slames, le Slam fait partir intégrante de mon âme. Le Slam fait de moi une femme, je peux apprendre facilement, rencontrer de nouvelles personnes et surtout être libre.
12-Quel message pouvez-vous donner à la gent féminine surtout aux jeunes femmes ?
Mon message préféré : Femme tu es le pilier d’une société, son commencement et sa fin. Tu es plus que l’image vendue par la société. En toi réside une force plus grande que toutes celles du monde. Jeune fille, tu es appelée à devenir femme, pendant ta jeunesse construit les sentiers de ton lendemain. J’ai foi en toi.
13-Quels conseils pouvez-vous donner aux jeunes femmes qui préfèrent la facilité pour se nourrir ?
Je n’aime pas cette expression de ‘’ … femme utilisant la facilité pour se nourrir’’.
Si cela est vrai, je lui dirai tout simple qu’en toi loge l’inimaginable. Lève-toi et avance, le monde est à toi.
14-Pour votre mot de fin, j’aimerais bien que vous le fassiez avec des rimes accompagnées de messages à l’endroit des femmes et aussi du Média Women infos. Merci bien L’encre des Étoiles.
Je propose alors ce petit texte qui selon moi peut donner des conseils :
Pute,
Bordelle,
Elle est la fierté des entrailles d’une mère.
Cette femme qu’on traite de pute, a réussi où beaucoup d’entre vous ont échoué.
Cette femme que tu qualifies de bordelle,
Son élégance intellectuelle ne lui permet pas de répondre aux aboiements de chiens.
Pute et bordelle
Ne lui font plus mal
Elle en a trop entendu
Depuis le ventre de sa mère.
Lui dire qu’elle est faible
Ne changera rien à sa vision,
Tu ne fais que lui montrer ta bassesse,
Comment son évolution te fait flipper.
Écoute elle est rodée
Plus rien ne la fera revenir sur ses pas.
Elle est déterminée à cueillir les étoiles
Pour les faire vivre sur la terre.
Pute et bordelle
C’est cette femme qui respire la sagesse au détriment de vos pratiques honteuses
Pour la réduire au rang de néant.
Elle ne te voit pas comme un concurrent.
Elle te conçoit comme un allié.
Arrête de voir en elle ton ennemie.
Elle dérange ton hégémonie parce que sa croissance n’est plus à 2% ?
Arrête de lui rappeler les devoirs que tu as conçus pour elle.
Traditions et religions n’ont jamais été contre son émancipation.
Tu as fini par croire en ton propre mensonge
Qu’elle te doit reconnaissance
Qu’elle n’a pas le droit d’être Belle et intelligente
Sinon elle est une pute
Bordelle si elle endosse l’étiquette de responsable.
Écoute elle est fatiguée de toujours écouter cette mélodie,
Changez de disque et vous pourrez causer
Elle en a marre de voir ton visage qui se ride quand elle porte le sourire.
Nous espérons, tous que la femme revendiquera sa place dans nos sociétés avec assez de bravoures et qu’elle sera capable de changer l’image que lui donne l’humanité. Donc, femme, lève-toi et bat toi. Linda Kouamé est un modèle à suivre.
Mr Dave



