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Naomi Rabet, PDG de KAVOD Coiffure
Naomi Rabet, une jeune fille de 23 ans qui a su contre vents et marées s'imposer pour se faire une place au soleil.
Naomi Rabet, une jeune fille de 23 ans qui a su contre vents et marées s’imposer pour se faire une place au soleil. Véritable modèle de réussite, l’épopée héroïque de Naomi laisse admirative toute sa frange. Faisons ensemble la lecture sportive en parcourant minutieusement ce reportage anglé sur la vie et la carrière entrepreneuriale de notre leader du jour.
Le métier de coiffure et esthétique est pour notre jeune demoiselle, une passion qu’elle chérit bien. « Nous emmenons nos clients à être propres, belles et beaux afin de se sentir très à l’aise dans leur peau », indique Naomi.
Naomi a perdu son père en 2008 à l’âge de 10 ans lorsqu’elle était au CM1. « Mon père était mon pilier, ma source d’inspiration, une personne en qui j’aimais beaucoup me confier, mais hélas la mort me l’a arraché », s’attriste-t-elle. La mort de son père sous ses yeux a été un gros choc pour miss Rabet qui n’a pu supporter cette séparation douloureuse, brusque et tragique. Lequel choc va malheureusement empêcher la jeune fillette, à cette époque, de passer en classe supérieure. L’école qui était pour elle la clé pour réaliser son rêve de journaliste, va devenir un endroit tabou pour Naomi. « Je peux dire qu’en ces moments-là, le papier ne rentrait plus mais je forçais quand-même les choses… », fait-elle savoir. Cette mort cauchemardesque a violemment chamboulé le rêve de Naomi. Elle n’a pas eu les forces nécessaires pour s’en remettre comme l’a fait Ebinto le personnage historique dans _Les frasques d’Ébinto_ d’Amadou Koné, -où le bambin a surpassé peines et douleurs suite à la mort de son tendre père et à continuer ses études, bien avant d’affronter d’autres difficultés viscérales- Toutefois, dans le cas de Naomi, c’est toute autre chose comparativement à Ebinto qui a fini sa vie de façon regrettable plus tard.
Des promesses avortées, école difficile
Les nombreuses promesses faites à Naomi d’aller en eldorado pour un futur prometteur, n’ont pu aboutir. Il fallait donc resurgir et dominer toute situation. Pour elle, le rêve de devenir une brillante journaliste esquissait des pas de mirage du jour au lendemain. Naomi et l’école se sont dites non en classe de 4ème. Cette décision a été saluée par sa famille qui n’y a trouvé aucun inconvénient. Désormais, l’ancienne élève devra songer à trouver un métier pratique qui lui sera plus facilement accessible, et ce, le plus rapidement possible.
De l’école à la rue, en Abidjan
Comme toute bonne petite Abidjanaise n’ayant plus de goût pour les études, Naomi va choisir la « Série C » c’est-à-dire la coiffure. Existait-il à cette époque, une autre chose noble, mieux adaptée à l’âge de cette fillette qui a abandonné le chemin de l’école si tôt ? Les réponses pourraient être divergentes. Mais dans le cœur de Naomi, c’était clair : montrer aux yeux du monde que l’école n’est pas la seule clé de réussite. Il existe des myriades de moyens et des secteurs d’activités pour devenir leader, entrepreneur ; pour devenir « quelqu’un ». Toute décidée, le cœur de Naomi ne veut pas vaciller dans les vices corrompus, mais se battre loyalement et légalement afin de gagner sa vie honnêtement.
Afin de relever ce challenge, la fillette du défunt pasteur Rabet va se promener de commune en commune à la recherche d’un atelier de coiffure qui aurait l’amabilité de l’embaucher malgré son si jeune âge. Naomi a caché le nouveau travail qui occupait sa vie à ses parents. Cela les déplu lorsqu’ils apprirent cette nouvelle. « Lorsque mes parents ont su que je coiffais, ils m’ont copieusement battue », s’est-elle amèrement souvenue. Les parents de Naomi ont rabroué le nouveau métier et le passe-temps dans lequel elle se sentait à l’aise. Va-t-elle se laisser intimider par les propos de sa famille et abandonner sa nouvelle passion ?
L’heure de révéler le héro, le leader qui sommeille en Naomi doit prédominer tous ces obstacles. Ne dit-on pas que dans la PASSION il y a le rabais, les injures, les mépris ; et même souvent le manque de soutien familial ? Eh bien c’est tous ces bobos que risque de traverser Naomi Rabet.

Une décision anxieuse, mais par la « foi »
Ces événements se déroulent en 2011 où la Côte d’Ivoire est confrontée à une crise politique particulièrement exagérée. Naomi n’avait que 13 ans. Dans pareille situation, aucun homme, encore moins un enfant n’osait quitter la maison pour une destination incertaine, de peur qu’il lui arrive malheur. Quel esprit avait donc animé l’adolescente pour bien vouloir quitter le domicile familial à la recherche de l’indépendance ? Sa mentalité va surprendre : « Je voulais à tout prix réussir donc aucune situation ne m’ébranlait. Ma rage de réussir était au-dessus de tout ce qui se passait ». Les cheminées de la petite fille d’alors sont parfois surprenantes. « J’ai commencé à Adjamé comme apprentie coiffeuse. On ne me payait pas. Étant la plus petite, on me fatiguait beaucoup » fait-elle savoir.
Les week-ends, Naomi quittait le quartier des 2 Plateaux où elle habitait pour Marcory et ce, rien que pour observer ou découvrir d’autres nouveaux types de coiffures. Dans certains endroits, Naomi était la persona non grata. «Dans certains lieux, on me chassait. D’autres me battaient du fait que je suis trop petite… mais toutes ces choses ne me disaient rien car je savais ce que je voulais. », a-t-elle souri.

KAVOD coiffure (de gloire en gloire coiffure)
Dans la mentalité de Naomi, c’est ‘’obstacle zéro’’. Après ces minimes expériences acquises ça et là, elle transforme une partie de sa maison familiale en salon de coiffure et d’esthétique. Ses parents avaient fini par céder en acceptant et respectant le métier qu’elle s’est choisie. Devant sa maison, son tabouret et sa petite table comportant quelques produits cosmétiques et des mèches, attirent pas mal de clients. Les bénéfices sont énormes.
Cependant notre coiffeuse sentait un vide qu’elle voulait combler. Oui, les clients venaient nombreux, mais Naomi se trouvait limitée à cause de certaines tresses qu’elle ne parvenait pas à faire. Elle va donc décider de fermer son atelier et aller apprendre davantage auprès d’une professionnelle où elle ne percevait que 10 mille Francs le mois. Folie ? « J’ai préféré apprendre plus les nouveautés et gagner moins, plutôt que de gagner plus sans rien apprendre et connaître en demeurant monotone », a-t-elle clarifié. À cette époque de la vie, pour Naomi la formation primait sur le bénéfice énorme.
Naomi, cheffe d’entreprise de KAVOD coiffure
Quelques années plus tard, Naomi ouvre un salon de coiffure et d’esthétique dans un quartier huppé de Cocody. Pour percer le mystère de l’entrepreneuriat son leitmotiv était: passion, persévérance, et patience.
Exerçant avec quatre filles, Naomi s’est confiée à notre équipe en révélant son faramineux chiffre d’affaires mensuel qui est de 600 mille Francs. Eh bien, avec un salon de coiffure de 9m2 à Angré, Naomi séduit l’auditoire avec ces détails impressionnants.
Naomi toujours en harmonie avec son métier d’enfance
Naomi communique beaucoup sa marque via les réseaux sociaux, Ce qui lui donne une visibilité intéressante et une clientèle fidèle très régulière. Une manière de dire qu’elle a pu concilier la coiffure et les médias (journalisme)
Une vie épanouie, une famille fière de leur progéniture
La bataille à laquelle s’est livrée Naomi Rabet a été rude mais elle est, peut-on le dire, sortie victorieuse quand bien même qu’il y a encore d’énormes défis à relever. La famille de Naomi éprouve un réel sentiment de fierté envers leur fille. Aujourd’hui Naomi est indépendante et vit avec son homme qui ne se trouve pas au pays. Elle arrive à concilier travail et vie de couple sans aménager autant d’efforts.
« Je demande aux femmes d’essayer, de ne pas trop considérer leur chair. Il faut qu’elles commencent avec peu pour être grandes. Qu’elles abandonnent leur fierté et orgueil et se mettent au travail car le travail paie », a-t-elle conseillé
Naomi leader
Il y a quelques années, Naomi se faisait décorer par l’ONG Femmes entreprenantes et dynamiques, pour son esprit de leadership entrepreneurial. Un bel effort reconnu qui donne un appétit à la jeune dame de se lancer dans d’autres activités génératrices de revenus. Dans les jours à venir, Naomi compte ouvrir un magasin de mèche en gros et demi gros. Plus intéressant encore, elle veut aller au-delà de ses limites en ouvrant sa marque de vêtements. Un autre défi que nous prendrons le vif plaisir de suivre et accompagner.
Jean-Christ DEGBEU



